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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 13:57

Ce week-end, une fête d'anniversaire a donné lieu à un atelier d'écriture inattendu. Une fois n'est pas coutume, je vous livre le petit texte écrit à partir d'un incipit tiré de L’amour baroque de René Fallet.

 

« Il faut avoir le courage dans la vie de quitter sa péniche, sinon on vogue au fil de l’eau en se faisant du cinoche et on crève sans être allé ailleurs qu’au cinoche. »

C’était la phrase fétiche de mon grand-père, celle qu’il répétait en boucle à la fin de chaque repas de famille, quand il avait un coup dans le nez. Passé un certain âge, quand vos yeux et vos oreilles vous lâchent, les petits plaisirs deviennent rares. La vieillesse est un naufrage et il n’avait jamais appris à nager. Il faut dire qu’il n’avait jamais beaucoup aimé l’eau, il lui préférait le gros rouge. Les mauvaises langues de la famille le surnommaient Boso le clown, rapport à son nez qu’il avait assorti à la couleur de sa boisson favorite. Dans son dos toujours, histoire de ne pas prendre de risque avec l’héritage.

Il n’avait pas le pied marin et je ne crois pas qu’il ait vu beaucoup de péniches dans sa vie: au fin fond de la Creuse, on croise surtout des vaches et des tracteurs. Pas plus que de film au cinoche, d’ailleurs, sinon ceux interdits aux mineurs qu’il allait voir à Guéret en cachette de la mémé, quand il était encore vaillant.

Moi, je l’aimais bien le pépé, et j’adorais passer du temps avec lui. Il perdait la boule, mais il avait des moments de lucidité qui m’épataient. De ces fulgurances qui vous transpercent en vous démangeant pendant des heures. Son regard éteint se rallumait alors pour éclairer son visage ponctué d’une multitude de tâches solaires comme autant d’étoiles. Ses yeux bleus pétillaient de malice quand il ouvrait sa bouche sur un franc sourire édenté pour balancer son Scud.

Je détestais quand les autres, tout aussi avinés que lui, se moquaient de ce qu’ils appelaient ses brèves de comptoir. Il y en avait, bien sûr, mais comme un orpailleur, je savais guetter les pépites.

La vieillesse est un naufrage, et mon grand-père Robinson Crusoé.

 

Un texte probablement inspiré par le centième d'anniversaire de ma grand-mère qu'elle fête aujourd'hui : bon anniversaire mémé !

 


 

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 09:21

http://www.barathym.com/images/panos/comptoir.jpg

Photo du bar à thym

La semaine dernière, pour mon atelier d'écriture, nous nous sommes rendus dans une gare, en nous imprégnons de l'ambiance, de l'environnement, des bruits et des personnes.
La consigne d'écriture a ensuite été de choisir une personne et d'en faire le personnage principal d'un court texte dans lequel la gare serait personnifiée. Ce qui a donné pour moi ceci :

Train de vie

 

Une femme blonde, coupe au carré en friche, pousse son chariot à bagages et accélère dans le long couloir. Le claquement de ses pas sur le carrelage gris de la gare peine à percer le brouhaha des passants et les annonces des trains. Le froid passe au travers de la grande verrière, Magalie referme son col de fourrure synthétique sur son cou. Partie à la dernière minute, elle a peur d’être en retard.

Peur d’être à l’heure, aussi.

Son pantalon évasé donne à ses grands pas une allure éléphantesque. Assise sur un gros sac de voyage vert siglé Nike, une petite fille aux longs cheveux crépus pleure en silence. Quand la femme accélère, elle  s’accroche comme elle le peut au mat branlant de son navire, un pavillon blanc avec carré aux couleurs pourpres de la SNCF. Son petit manteau rose, secoué, tremble au rythme de la poussée.

Un petit garçon s’accroche à la main de Magalie qui le tire plus qu’elle le tient pour avancer. Son manteau a la couleur jaune des cirés bretons, impression confirmée par les rayures bleues de sa marinière qu’on devine sous le vêtement. Une tenue de saison : la pluie grogne en tombant dans les gouttières accrochées aux murs de grès rose du bâtiment historique, et dessine de longues trainées verticales sur la paroi bombée de la verrière. Des gouttes de pluie comme des larmes. Les empreintes mouillées des chaussures des passagers brillent sous l’éclairage blafard et reflètent les enseignes lumineuses des hôtels qui bordent la gare.

Entre le ventre de la femme et la poignée du chariot à bagages, un porte bébé, qu’on pourrait croire vide tant l’enfant qui s’y tient est petit. Deux minuscules jambes, moulées dans une grenouillère blanche, en tombent. La femme avance pour se rapprocher du hall nord, où on les attend.

Soudain, son cœur s’accélère, elle ralentit : ils sont là. Déjà.

Ils se tiennent sous les écrans verts et bleus annonçant les trains au départ et à l’arrivée. Ils attendent, regardent autour d’eux. Elle s’arrête. Peut-être ne l’ont-ils pas vue ? Mais comme s’ils avaient compris, Tim et Rosa commencent à pleurer. Trop fort. Leurs cris se fracassent contre la verrière et éclaboussent le hall. Le couple se retourne, les voit. Magalie veut reculer, partir, mais déjà ils approchent. La femme pousse son landau flambant neuf, les yeux collés à son porte-bébé. A son bébé. C’est trop tard.

Magalie pose une main pour caresser une dernière fois la tête si douce du bambin. L’enfant qu’elle a porté pendant neuf mois pour eux. Leur enfant aujourd’hui.

Un texte plutôt triste donc, qui ne correspondait pas à l'euphorie du moment, avec la découverte de l'affiche "Rendez votre ticket gagnant" et de mes deux alpha-lecteurs.
Hier, au cours d'un long voyage en voiture, j'y réfléchissais, ne comprenant pas...

Et puis je me suis dit que cette phase 1 de CoCy, c'était un peu comme confier le bébé que j'avais couvé depuis 2009 à un couple de bêta-lecteurs.

Ou pas :)

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 18:05

P1070449

 

Merci à Danièle, l'animatrice de mon atelier d'écriture, pour cette photo.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 22:23

J'ai participé ce we à un atelier d'écriture  mêlant écriture et arts graphiques autour de la cuisine. L'occasion pour nous d'écrire sur différentes consignes et de créer un tableau sur le thème du torchon.

Je ne résiste pas au plaisir de mettre sur ce blog le résultat de cette journée.

Le tableau, d'abord, que je me ferai une joie d'accrocher chez moi : 

tableau-torchon.jpg

Et le texte écrit sur le principe de la recette de cuisine avec 6 mots imposés:

Autarcie, cynisme, métaphysique

Brosse martre, stéatite, Toile brute en lin Francisco

 

Recette cynique pour régler la question métaphysique de la belle-mère :

Mettre une bouteille du meilleur champagne au frais.

Inviter belle-maman à la maison un soir où sa fille est à la zoumba.

Oublier de le lui dire.

L’appâter avec son plat préféré, le gratin de stéatites.

Ne pas avoir peur d’en faire trop.

Cuisiner de votre mieux possible.

Accueillir belle-maman en portant le tablier qu’elle vous a offert « Mon gendre n’est pas idéal, mais il fait des efforts », un torchon de toile brute en lin Francisco accroché à votre ceinture.

L’installer confortablement sur le divan.

Ecouter ses jérémiades et tentatives d’humour.

Ne pas avoir peur de rire trop fort.

Proposer d’ouvrir une bouteille de champagne en attendant sa fille.

Afficher un sourire énigmatique quand elle demande « qu’est-ce qu’on fête ?»

Revenir avec la bouteille de champagne.

L’assommer avec la bouteille.

L’étouffer avec le torchon.

Ne pas avoir peur de serrer trop fort.

Remettre le champagne au frais.

Nettoyer la scène du crime à la brosse martre. Frotter fort pour éviter d’éventuelles disputes conjugales. Se débarrasser du corps

Mettre la table pour deux, avec chandelles et musique douce.

Attendre le retour de sa petite femme.

Lui servir le gratin de stéatites accompagné de champagne.

Afficher un sourire énigmatique quand elle demande : « qu’est-ce qu’on fête ?»

Lui dire que vous l’aimez.

Ne pas avoir peur d’en faire trop.

Reprendre sa vie de couple sur le mode autarcique.

 

NB : la stéatite ne se mange pas, et la brosse à martre ne sert pas à brosser les tapis, mais on s'en fiche !

 

Et à midi, le repas nous fut servi dans un décor qui me transporta dans la magie d'Alice au pays des merveille tant la table était magnifiquement dressée avec plusieurs soupes très originales servies dans des tasses à thé. Ma préférée a été celle mélangeant la châtaigne à la poire. 

 

Une journée qui m'a donc comblée à tous points de vue.

 

 

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 19:21

http://2.bp.blogspot.com/_eUk9OypnDsY/S9iFD764TDI/AAAAAAAAAA0/JqIG84R0rPg/s1600/bibliotheque-design.jpg

 

C'était aujourd'hui la rentrée de l'un des ateliers d'écriture auxquel je participe cette année (l'occasion d''écrire de la blanche et de jouer avec les mots plus légèrement que quand je travaille à mes projets de romans).

J'ai passé un très bon moment et l'un des exercices m'a donné l'occasion de donner réalité à un rêve l'espace d'un après-midi :

Il s'agissait d'abord  de remplir des cases sur une feuille en y mettant des titres de romans, réels ou imaginaires, et de nous créer une bibliothèque imaginaire. Puis de prendre les titres de deux des livres et de les noter chacun sur un papier. Enfin, chaque participant a tiré au sort un papier pour en écrire une critique ou la quatrième de couverture du livre évoqué par le titre et le hasard a voulu que Serge Sattler, l'un des participants tire au sort le titre d'un des livres de ma bibliothèque virtuelle.

Lequel, je vous le donne en mille ! Bien Mal Acquis Profite Parfois (j'ai pas pu résister, mais l'autre titre était l'écume des jours, un vrai livre, et il y avait une chance sur deux que BMAPP ne soit pas tiré au sort !)

Bien sûr je n'ai rien dit sur ce titre étrange et j'ai laissé la créativité de Serge s'exprimer.

Voici ce qu'il a écrit

Bien mal qcquis ne profite jamais

Un bien, un bien, mais quel bien ?

Et puis mal acquis… est-ce que c’est le bien ou le mal qui est acquis ? Je vous pose la question !

Alors un bien, un mal acquis, acquis, mais de qui et à qui ? Je vous le demande !

En fait, on ne sait pas ce qui est le bien ou le mal et en plus faudrait savoir à qui ils profitent, le bien ou le mal et en plus ce n’est que parfois !

Vous voyez la complexité de la chose, enfin du bien ou du mal, qu’on ne sait pas à qui ils sont.

Vous voulez que je vous dise ?! Eh bien parfois, je me demande qui arrive à rédiger des affirmations de ce genre et je pense au fond de moi-même est-ce que c’est bien ? Est-ce que c’est mal ? Et à qui est cet acquis ? A qui profite le bien ? A qui profite le mal ?

Parfois je crois savoir, mais finalement je ne sais pas.

Alors si ce que j’en dis est mal, peut-être que c’est bien, mais moi de cet acquis à qui je ne sais pas, je ne veux pas en profiter.

Moi en tout cas, ça m'a bien fait rire ^^

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 00:10

C'est tout bonnement increíble (et sous titré en français)

 

 

J'adore, ça donne envie

Merci Sabine

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 10:08

 

http://i56.tinypic.com/2utj2ok.jpg

 

Après une grosse pèriode de creux, où tout continue presque comme avant, le presque faisant toute la différence, c'est la dernière séance de mon atelier d'écriture qui m'a enfin décoincée.

La pluie ayant contrarié le projet initial d'écriture/pique nique en plein air, c'est dans une médiathèque que nous nous sommes toutes retrouvées (il n'y a pas de faute d'accord ^^).

J'ai depuis longtemps le synopsis de la nouvelle pour l'AT Leitmotive prêt, mais je n'avais pas eu le temps, puis plus eu l'envie de m'y consacrer.

Hier après-midi, bien calée dans un fauteuil boule, mon eepc sur les genoux (avis aux initiés, je lui ai trouvé un nom : Merdicus, en référence à Mordikus son regretté prédécesseur, et surtout à sa rapidité qui me contraint à de fréquents arrachages de cheveux... déjà fort peu drus), j'ai écrit. Je passe sur l'incident qui m'a fait sortir de mon repaire quand les pompiers sont passés et m'ont avertie que ledit fauteuil était cassé (et ce n'était pas à cause de mon poids qui tend lentement mais sûrement vers l'infini). Manquant d'à-propos, je lui ai tendu Merdicus au lieu de saisir sa main charitable et de me laisser tomber dans ses bras !

Bref ^^

Confortablement installée donc, et avant l'intervention de ce bel homme en uniforme, j'ai repris les quelques lignes que j'avais écrites, pour arriver à un premier jet de 6400 cec que j'ai lu à l'issue de la séance comme chacune (ben oui ^^) des participantes. Cela m'a permis de tester ma chute (et de voir qu'elle n'était pas assez explicite, comme d'habitude ^^) et surtout me donne une base à retravailler. 

Je pense l'étoffer un peu (mais n'écris jamais très long) et renforcer certaines choses mais l'assise est solide (en tout cas beaucoup plus que celle du fauteuil boule ^^)

L'objectif sera de la boucler et de l'envoyer avant mon départ la semaine prochaine.


J'espère avoir de la matière pour vous faire un dernier point d'étape avant le décollage.

 

 


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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 12:35

Lors du dernier atelier d'écriture, nous avons travaillé sur le mot correspondance, sous ses différents sens. 

Un des exercices pratiques a consisté à rédiger une lettre fictive commençant par  "Cher ami" et qui dans mon cas devait contenir les mots ferry et effervescence. L'occasion de me replonger dans des souvenirs de voyages en mêlant le vrai et le faux. Le vrai est un ferry que j'ai dû emprunter à Madagascar, il y a près de quinze ans maintenant, qui a chaviré depuis. Il ressemblait à beaucoup à ça (en version maritime) :

 

035.JPG

 

 

 

Cher ami,


J’ai vécu aujourd’hui une des aventures les plus extraordinaires de notre voyage. Nous avions décidé de finir notre séjour sur les plages de sable blanc de Nosy Be et nous avons donc dû traverser un bout d’océan. Comme nos économies ont fondu comme neige au soleil - et du soleil, crois-moi, nous en avons eu beaucoup, je suis maintenant presque aussi noire que Badou -, nous nous sommes rabattus sur le ferry local qui relie quotidiennement la grande île à la petite.

Nous sommes arrivés très tôt le matin, en prévision d’un embarquement prévu à neuf heures. Comme souvent, l’heure malgache n’était pas celle annoncée par les montres. Une foule énorme aux habits multicolores attendait massée sur le quai pour monter à bord. Malgré la chaleur déjà étouffante, des vendeurs grillaient des arachides et des criquets pour meubler l’attente et remplir les estomacs. La couleur rouge parsemée de rouille du ferry n’était pas très rassurante, d’autant qu’on nous avait raconté que les requins abondaient. Mais un vaza ne doit avoir peur de rien.

Nous avons donc pris notre billet, faisant la queue parmi les adultes et les nombreux enfants qui couraient, amusés, autour de nous. A mesure que nous approchions de l’embarquement, nous voyions les empilements de sacs de riz, les régimes de bananes et les autres marchandises qui s’amoncelaient sur le bateau alors qu’aucun passager n’avait encore embarqué. La ligne de flottaison se rapprochait déjà dangereusement du niveau de la mer. Bien entendu, il n’y avait ni comptage, ni restriction à l’embarquement : on ferait de la place pour chacun, comme lorsqu’on s’entassait à quinze dans les 504 Peugeot.

Nous avons hésité, mais nous sommes montés, nous faufilant pour trouver une place près de la rambarde. Grisée par l’effervescence régnant sur le bateau, j’ai senti mon cœur s’emballer quand la cloche annonçant le départ a retenti, largement après midi. La traversée a été épique, au milieu des odeurs d’épices, des cris des enfants, des embruns nous fouettant le visage et des poules qui marchaient dans nos jambes pour y picorer les graines tombées des sacs. Je n’ai lâché la main de Badou pour lui rendre, broyée et griffée qu'après une bonne heure de navigation, quand le ferry a accosté sans encombre sur la magnifique ile de Nosy Be.

 Au retour, nous casserons notre tirelire pour prendre un avion  !


Je t’embrasse.

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Bien mal acquis profite parfois

Roman noir écrit dans le cadre du Nano 2010

Envoyé à 4 éditeurs le 26/10/2011 

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Nouvelle salve d'envois pour bientôt

 

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